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Description générale de la municipalité

La municipalité de Val-Morin, officiellement constituée en 1922, est localisée à l’extrémité sud-est de la municipalité régionale de comté des Laurentides, une position géographique lui conférant en quelque sorte le rôle de porte d’entrée de la vaste région des Laurentides à partir de l’autoroute 15 et de la route 117.

Val-Morin partage ses limites municipales avec le village de Val-David situé au nord, de même qu’avec quatre municipalités de la MRC des Pays d’en-Haut, soit la Ville de Sainte-Adèle au sud, Sainte-Marguerite-du-lac-Masson à l’est, Morin-Heights et Saint-Adolphe-d’Howard à l’ouest.

D’une superficie totale de 39,0 kilomètres carrés, la municipalité de Val-Morin occupe 1,6% du territoire de la MRC. Ses 2 303 habitants en font la sixième municipalité la plus populeuse des 18 municipalités comprises sur le territoire de la MRC des Laurentides après Sainte- Agathe-des-Monts, Mont-Tremblant, Val-David, Saint- Faustin-Lac-Carré et Labelle. Avec une densité de 60,3 habitants par kilomètre carré, Val-Morin est la troisième municipalité la plus dense de la MRC Les Laurentides après Val-David, et Sainte-Agathe-des-Monts.

Le territoire municipal est principalement structuré par le passage de l’autoroute des Laurentides (A-15), de la route 117 et de la rivière du Nord qui traversent Val-Morin dans un axe nord-sud et scindent la municipalité en trois entités possédant des caractéristiques propres. Ainsi, la portion centrale de la municipalité, située entre l’autoroute des Laurentides et la rivière du Nord, a traditionnellement accueilli des activités urbaines plus intenses, alors que ses extrémités est et ouest, ponctuées de lacs et de montagnes, sont principalement vouées à des activités récréatives et de villégiature.

La présence du Parc régional linéaire « Le P’tit Train du Nord » constitue également un élément structurant non négligeable sur le territoire de Val-Morin, considérant sa popularité sans cesse croissante et ses retombées qui s’avèrent de plus en plus tangibles, tant à l’échelle de la municipalité que de l’ensemble de la région.

Les origines

VAL-MORIN, SON HISTOIRE

- Par Claude Proulx, historien, 20 novembre 2003

Au nord de Sainte-Adèle, au sud de Val-David, sur les rives de la rivière du Nord, se trouve, niché dans les montagnes, un des plus beaux petits villages des Laurentides : « Val-Morin », situé dans le Canton de Morin, lequel porte le nom du grand apôtre de la colonisation, l’honorable Augustin-Norbert Morin qui, de bonne heure dès 1842, possédait de vastes étendues de terre.

Vers 1851, Augustin-Norbert Morin, se fait bâtir une résidence à Sainte-Adèle, près du lac Raymond, sur le territoire même des limites de Val-Morin d’aujourd’hui. À cette époque, Val-Morin faisait partie de Sainte-Adèle un territoire non organisé qui relevait du Conseil du comté de Terrebonne, où, un bon nombre de colons y étaient établi. Un des événements de cette période semble avoir été l’ouverture et la construction des chemins. Les colons, en arrivant, se plaçaient souvent au petit bonheur. Ils se traçaient à travers la forêt une petite route pour communiquer avec les voisins et surtout avec Saint-Jérôme. Rien de moins régulier que ces sentiers déviant à droite ou à gauche pour contourner un rocher, éviter un arbre. Le temps était venu de faire de vrais chemins et de construire des ponts.

Les premiers développements du secteur Val-Morin remontent à la fin du 19ie siècle, avec l’arrivée en 1892, du chemin de fer du Pacifique Canadien, bien qu'il faille fixer les véritables débuts de Val-Morin en 1922.

Le nom de Val-Morin, attribué au premier bureau de poste en 1887 et à la municipalité créée en 1922, par suite de son détachement de Sainte-Adèle, rappelle Augustin-Norbert Morin, né le 12 octobre 1803, qui fut avocat, homme politique et juge. If fut notamment député de Terrebonne de 1851 à 1854 et ministre du gouvernement du Canada-Uni.Cependant, le fait que les missionnaires chantent la messe dans sa maison à l'époque de la colonisation de la localité, dont il compte parmi les premiers résidents, a sans doute contribué davantage au désir des autorités d'alors d'enchâsser son souvenir en dénommant l'endroit de son nom, d'autant qu'il a aidé nombre de colons des cantons du Nord à s'y établir. Sur ses propriétés de Sainte-Adèle qu’il aimait tant, sur lesquelles il avait rêvé de finir ses jours dans la paix et la tranquillité, dans cette maison, au lac Raymond et qui avait été témoin de ses plus heureuses journées, monsieur Morin mourut subitement le soir du 27 juillet 1865. La nouvelle de sa mort se répandit comme une traînée de poudre dans les cantons du Nord où chacun avait conscience de perdre un bienfaiteur, un ami, un père.

Le territoire de la municipalité de Val-Morin, s’étend sur une superficie de 39,0 kilomètres carrés et atteint 309 mètres d'altitude. Il occupe l'extrémité sud-est de la Municipalité Régionale du Comté des Laurentides. La rivière du Nord traverse tout son territoire et offre un paysage splendide avec ses lacs ; Beauvais, Bélair, La Salle, Lavallée, Normand, Valiquette, ainsi que le magnifique lac Raymond, dont la dénomination nous rappelle le nom d’Adèle Raymond, l’épouse d’A.N. Morin.

Parmi les premières familles souches de colonisateurs qui se sont installées sur le territoire de Val-Morin, on retient notamment celles de : Jean-Baptiste Payement qui, en 1855, avait été nommé inspecteur des chemins des 4e et 5e rangs de Morin et Adolphe Paquet et Olivier Rochon comme sous-voyers; Isidore Legault, inspecteur dans le 10e rang et Simon Leblanc comme sous-voyer ; Olivier Valin, inspecteur du 3e rang, et Pierre Lacasse, Basile Boileau, et Alexandre Saint-Louis, sous-voyers. Enfin, l’empreinte qui y ont laissé les Morin, les Lachaine, et les Grignon, ne s’est pas effacée jusqu’à nos jours.

L’histoire du patrimoine industriel est diversifiée. Vers 1855, une industrie qui semble avoir été florissante est celle de la perlasse. Les perlasseries et les potasseries rapportaient à la province un revenu annuel de 230 000 dollars. Une industrie de la potasse se trouvait à la Montage du Sauvage, elle avait trois cuves et Auguste Labrie en avait établi une au village.

Le premier maire de Val-Morin fut monsieur Tancrède Legault. Élu en juillet 1922 il occupe le poste jusqu’en 1932 puis de 1935 à 1938. La première séance du conseil municipal s’est tenue le 7 août 1922 chez Pascal Ouellette. On y engage le premier secrétaire trésorier monsieur J.A. Lessard, au salaire annuel de deux cents cinquante dollars. D’autres maires ont succédés : Fidèle Ouellette ( 1933-34) ; Aimé Viau, (1939-50) et (1954-56) ; Albert Vanier (1951-53) ; Émile Bélair (1957-58) et (1961-64) ; James Davidson (1959-60).

En 1923, on y construit deux écoles de rang. On raconte que les maîtresses d’école gagnent cent dollars par année. Puis, en 1931, on érige la première école du village. Avec la construction du Couvent du Sacré-cœur en 1941, le salaire annuel d’une enseignante s’élève à quatre cents dollars. En 1949, quatre professeurs enseignent tous les degrés de classe à quelque 127 élèves.

L’histoire raconte que Les Bélair, les Cléophas, les Foisy, les Hermas, les Larose, les Marengher, les Marinier, les Ouellette, les Pagé, les Vanier, les Viau, les Vendette et les gens de leur génération, marchaient au catéchisme à Sainte-Adèle. Dès 1917, les tentatives de madame D.P. Delaney, auprès du curé Lesage de Ste-Adèle, furent couronnées de succès pour obtenir une desserte des services religieux. La messe dominicale fut dite dans l’école de la Grande ligne jusqu’en 1924, année où on bâtit l’église sur un terrain offert par un monsieur Josselin, que l’on dit être d’une autre religion. La famille Molson avait apporté une importante contribution à la construction de l’église.

C’est en 1925 que la paroisse catholique de Saint-Norbert, fut canoniquement érigée. Son nom a retenu un des prénoms "sanctifié" d’Augustin-Norbert Morin, en guise d'identification. La paroisse compte une soixantaine de familles résidentes et environ quarante familles de villégiateurs. Monsieur l’abbé Eugène Therrien en est le premier curé.

Depuis 1937 et jusqu’en 1979, la présence des Frères des écoles chrétiennes au lac La Salle, a donné un essor important au développement de la municipalité. Il en est de même pour l’Hôtel Far Hills Inn, l’Académie Laurentienne, le centre de Ski Belle Neige, le Club de Golf Val-Morin, le centre équestre, l’Auberge de la Gare et plus récemment, le Parc linéaire Le P’tit du Nord.

Agriculteurs à l'origine, les Valmorinois se sont désormais tournés vers l'exploitation de centres de ski alpin et de ski de fond, d'activités de plein air et d’établissements touristiques. Grâce à sa position géographique lui conférant avec Sainte-Adèle le rôle de porte d’entrée des Hautes Laurentides, Val-Morin, a acquis la popularité d’un village paisible, là où les résidents et villégiateurs se sont bâtis de magnifiques maisons sur les bords des lacs et en montagne, particulièrement dans le secteur du lac La Salle, au domaine des Boisés Champêtres.

« Valmorinois et valmorimoise » est le gentilé que l’on adresse aux habitants de Val-Morin. Aujourd’hui sa population permanente est de quelque 2 280, pour un nombre de 1 100 résidences permanentes. La population des résidences secondaires est d’environ 840.

Val-Morin célèbre en 1975 : Le 50e anniversaire de la paroisse Saint-Norbert. Dans son message du 15 mai, le maire Wilbrod Foisy, écrivait : «Après 50 ans de travail ardu, des gens courageux et dynamiques ont réalisé un Val-Morin sain et prospère. Nous nous devons de continuer leurs efforts, pour que nos personnes âgées puissent y vivre en paix et nos jeunes y grandir avec fierté ». Puis en 1997, on fête le 75e anniversaire de la municipalité. Le maire Gilles Leroux écrivait : « … àces pionniers du début et à ceux qui continuent de porter le flambeau, à vous citoyens qui, par vos idées, avez aidé à rendre Val-Morin ce qu’elle est aujourd’hui, une municipalité où il fait bon vivre… chantons, dansons et trinquons ensemble…»

L’auteur de ces lignes adresse ses plus sincères remerciements à Geneviève Legault-Saint-Amour, pour son accueil chaleureux à la Mairie de Val-Morin et pour les précieux documents, qui l’ont aidé à la rédaction de cet article.

Écrit sur Augustin-Norbert Morin
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